Le Couvent des Ursulines

STATUE






 

 

 

STATUE en plâtre signée Paul DARDÉ (1888-1963)

Elle représente "Les Pleureuses"

Historique :
Modèle pour le monument funéraire "Les pleureuses" du cimetière Saint-Lazare à Montpellier.

Bibliographie :
Christian Puech, Paul Dardé, 1992, p. 55, le monument en pierre reproduit.

Scolarisé à Lodève, il quitte l'école des Frères de cette ville, en 1902, au moment du Certificat d'étude pour seconder son père, fermier au domaine de Belbézet, là où il est né, à Olmet, village proche de Lodève. Tout en assumant son travail d'ouvrier agricole, il lit beaucoup, dessine et commence à sculpter des blocs rocheux. Maître Martin, notaire à Lodève remarque son travail et invite Max Théron, peintre et graveur, professeur de dessin au collège, à le rencontrer. Ce dernier lui enseigne les premières notions de dessin et de gravure et écrit des articles pour essayer de le faire connaître. De 1908 à 1913, il fait son service militaire à Montpellier où il obtient l'autorisation de suivre quelques cours aux Beaux Arts de cette ville. En 1912, ses déjà nombreux admirateurs lui permettent de suivre les cours de sculpture du Professeur Injalbert à l'Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris qu'il abandonne assez rapidement; ces mêmes admirateurs lui font octroyer une bourse d'étude en Italie. La même année, il entre dans l'atelier Rodin qu'il quitte cependant très rapidement.

Il préfère être seul et retourner à Lodève, où il monte un premier atelier, plutôt que d'accepter la proposition de succéder à Rodin dans son hôtel particulier. En 1914 il est engagé comme brancardier; fortement atteint moralement il est hospitalisé et restera toujours marqué par les horreurs de la guerre. En 1918 il épouse Alice Caubel de Lodève. Il expose au Grand Palais à Paris "Eternelle Douleur" et le "Grand Faune" (Grand Prix National des Arts 1920) ; sculptures qui du jour au lendemain le propulsent au sommet de la gloire. Et les commandes affluent comme celle d'un "Laocoon" par la Ville de Paris.

Il installe un nouvel atelier à Soubès, où il effectue en 1919 la commande du monument aux morts. Et poursuit cette activité avec sept autres monuments commémoratifs jusqu'en 1926: Lodève, Clermont l'Hérault, Lunel, Limoux, etc., tout en répondant à de nombreuses commandes.

Il peut alors installer son grand atelier près de Lodève en 1924 et il produit "l'Homme Préhistorique" des Eyzies, et en 1927 la "Cheminée Monumentale". Il travaille autant sur des sculptures que sur des dessins, des gravures et sur la calligraphie; 1928 "illustrations de Macbeth", 1930 "la Chanson de Roland". En 1931 : "Monument à Quinton" et surtout la magnifique "Thaïs" taillée dans un bloc de marbre racheté après la mort de Rodin. Mais il est obligé de subir la vente aux enchères de tous ses biens et passe alors une très mauvaise période, dont il se relève cependant en travaillant dans un autre atelier de Lodève, où il exécute "le Christ aux Outrages" .

En 1936, dégoutté malgré tout de ses contemporains il se réfugie à St. Maurice de Navacelles sur le Larzac où il commence la construction de son propre atelier, dont il est l'architecte. Il y réalise notamment le "monument à Emma Calvé" commandé par la ville de Millau et de nombreuses autres œuvres sculptées: "Grands Conquérants", "Grands Musiciens", "Personnages Mythologiques" (faunes, vénus) etc. mais aussi des illustrations: "Hamlet", "Croisade des Albigeois", et surtout de remarquables dessins à la plume ou légèrement colorés.

En 1956, gravement malade il est obligé de retourner à Lodève dans une petite maison de famille où il continue à travailler quelques ébauches et dessine de nombreuses figurations. Il ne veut plus rien vendre, ne serait-ce que le moindre dessin, et doit vivre chichement d'une petite pension allouée par la ville.

Paul Dardé a été reconnu comme le sculpteur capable de rivaliser avec les plus grands. Son originalité réside non seulement dans la dimension colossale de ses œuvres, mais aussi dans le renouvellement du travail de la pierre en taille directe qu'aucun de ses contemporains n'était à même de produire. De plus, outre la puissance qui se dégage des blocs comme des dessins, s'exprime une émotivité intense qui ne peut laisser personne indifférent. Car la beauté est exaltée par la simplification des volumes mettant en valeur une profonde vitalité qui semble toujours respirer. Même si sa candeur et sa probité vis-à-vis de l'art l'ont écarté d'une publicité dont il réprouvait le côté factice, il n'en est pas moins vrai qu'il restera toujours l'une des sommités artistiques du XXe siècle. Ses œuvres sont maintenant dans des musées (Tokyo, Orsay, Mobilier National...) où ornent des lieux emblématiques (entrée du musée de la préhistoire des Eyzies, parc de Vizille, etc.). L'association "Mémoire de pierres" s'efforce de participer au rayonnement de Dardé et de favoriser la sauvegarde de son œuvre.


Caractéristiques

Epoque XX ème Année de l'objet vers 1920
Hauteur 200 cm Largeur 86 cm
Profondeur Diamètre